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Conférence de Francis MARMANDE
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« Les bonheurs de la colère »

Paul Rebeyrolle est considéré comme l'un des grands artistes contemporains, l'un des créateurs les plus marquants de notre temps dont le regard a profondément bouleversé l'art figuratif contemporain de ces cinquante dernières années. L’exposition à l’Espace Fernet Branca surprend, interpelle le visiteur qui ne sort pas de l’espace sans avoir été happé par les questionnements que pose l’artiste.

Francis Marmande faisait partie de ce que l’on pourrait appeler la « famille Rebeyrolle », une famille de pensée, un entourage qui s’interrogeaient sur la fonction de l’art, de la création, de la fonction de l’artiste. Rebeyrolle s’en était fait une idée très précise. C’est lui qui disait que : « Le travail de l’artiste est de faire éclater les tabous, les conformismes, dénoncer les crimes et les erreurs. Poser des problèmes. La peinture, ce n’est pas seulement la qualité plastique, ‘est aussi son contenu philosophique ». Et que voilà une démarche profonde qui a marqué Francis Marmande.

Marmande, Rebeyrolle, un duo détonnant.

Francis Marmande, professeur de littérature à l’Université Paris 7, et chroniqueur au « Monde », parle avec beaucoup de tendresse et de précision de sa relation avec Paul Rebeyrolle. Le titre de sa conférence est évocateur : « Les bonheurs de la colère ». Marmande nous parlera de sa rencontre avec Rebeyrolle qui s’est traduite par des « enseignements précieux » (dixit Marmande). La conception de l’engagement  de l’artiste, dans la vie, dans la forme, dans la peinture, s’y trouve entière.

Et Marmande de préciser : « Je voudrais dégager deux valeurs essentielles à sa  démarche : la colère (jamais hystérique, mais comme un feu permanent, et le bonheur (le bonheur matinal d’aller à l’atelier, le bonheur d’    aimer, le bonheur de la peinture). Elles semblent contradictoires. Elles sont donc intéressantes » On peut aisément imaginer les moments de rencontres des deux protagonistes. Bons vivants, mais exigeants, ils ont en commun ce regard vif et critique sur la société ancrée dans la perversion.  

Francis Marmande, un parcours hors du commun.

Universitaire, lecteur assidu de Laclos notamment Les Liaisons dangereuses, de Georges Bataille Bataille politique, L’indifférence des ruines, ou de Leiris L’envers du siècle, il est Professeur de littérature à l'Université Paris VII. Il y dirige l’équipe de recherche Littérature au présent.
Il collabore à Jazz Magazine de 1971 à 2000, au Monde (jazz, littérature, tauromachie) depuis 1977, et co-anime la revue Lignes de sa création (1987) à 2000. Entre 1985 et 1992, il est de l’aventure de L’Autre Journal (Michel Butel).
Francis Marmande n'a jamais cessé de pratiquer la contrebasse dont il dit qu'il “joue plutôt mal mais avec beaucoup de coeur”. Il a souvent fait le boeuf avec des musiciens importants (de Bernard Lubat à Miles Davis en passant par Archie Shepp et Joao Bosco). Il n'est pas musicien, il est un type qui joue de la musique, dit-il.. Il s’est produit à Uzeste et Paris avec Sunny Murray. Membre du Jac Berrocal Group (avec Jacques Thollot), on l'entend dans son disque La nuit est au courant (In Situ). Il a publié un CD en 1998 La cantate des chaudrons (Fourbis). Il a, dans la foulée, présenté à Banlieues Bleues, son spectacle Voisins et amis (1998), avec Marc Perrone, Bernard Lubat, Minvielle, Georges Didi-Hubermann, Miguel Mipuente, Susana Zabala, Martial Barrault, Daniel Dobbels, Arnaldo Calveyra, Sylvain Guérineau. Tourne actuellement avec Los Cinco de la tarde (Paco El Lobo, Pascual El Gallo, Minvielle...)
Souvent sollicité comme accompagnateur pour des lectures d'écrivains : Danièle Sallenave, Jacqueline Risset, Florence Delay, Jacques Réda, Arnaldo Calveyra, Michel Deguy.
Joue également du piano, de la guitare, du tuba et de l'harmonica. Dessinateur, il a illustré la page de sommaire de Jazz Magazine de 1976 à 1994 et des couvertures de livres (Perec, Sartre, etc.).
Il est co-auteur, avec Jean-Louis Comolli du film Le Concerto de Mozart (1996).
Il est également pilote d'avion et de planeur.

Nul doute qu’une rencontre avec Marmande nous plongera encore plus dans le monde de Rebeyrolle, ce monde pictural exigeant, mais aussi de celui de la pensée de Rebeyrolle qui disait : « Je me demande si je ne pense pas autant à la vie et aux conditions de vie des individus qu’à la peinture ».

Conférence : « Les Bonheurs de la colère » par Francis MARMANDE 
cette conférence a eu lieu le vendredi 27 mai  2005 à 20h30

 



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